Bilan annuel de la Métropole : Des constats aussi mais inquiétudes pour l’avenir

Intervention de Jacques GUICHOUX, conseille métropolitain, lors du Conseil Municipal du 25-09-2019

 Comme tous les ans, nous examinons en septembre le rapport d’activité de Bordeaux-Métropole de l’année précédente donc de 2018.

S’agissant de la dernière présentation en conseil municipal d’un rapport métropolitain pour cette mandature municipale, c’est l’occasion pour moi de faire quelques constations mais aussi d’évoquer l’avenir en pensant à la période 2020-2026

  • Des constats pour 2018

Comme les années précédentes, je redis ici combien les compétences attribuées à la Métropole, le volume des investissements décidés, les décisions stratégiques à moyen et long terme, les défis (surtout environnements mais aussi autour du logement et des mobilités) à relever justifient un tel rapport auprès des élus des divers conseils municipaux mais aussi en direction de tous les habitants de notre agglomération.

Ce rapport a une dimension quasi-pédagogique et est riche de multiples chiffres et indicateurs. Il montre la diversité des domaines couverts et aussi la complexité des arbitrages nécessaires, appuyés sur le Contrat de Mandature négocié et signé en 2014 par les 4 groupes politiques du Conseil de Métropole.

L’éditorial du Président Patrick Bobet dégage des axes forts et met l’accent sur des domaines et des points-clés que j’ai régulièrement l’occasion d’aborder en étant très actif au sein de 3 commissions (Transports et Déplacements / Attractivité économique / Identités communales et métropolitaines).

Quitte à me répéter chaque année, j’exerce à la Métropole mon rôle d’élu non pas dans une opposition (comme ici) mais dans un collectif où les différences d’appréciation peuvent et doivent toujours d’exprimer.

Le président Patrick Bobet met en avant diverses nécessités abordées en 2018 :

  • Le plan d’urgence mobilité
  • Le logement pour tous
  • Le développement des filières économiques (dont l’attractivité, le soutien à l’économie sociale et solidaires, l’emploi, …)
  • Les dossiers environnementaux (dont celui de l’eau et de l’assainissement)

En matière économique (je vous renvoie aux pages 25 à 29 du rapport), je constate avec satisfaction le chiffre de + 7 700 emplois créés, le renforcement des filières stratégiques (dont l’Aéronautique-Spatial-Défense qui concerne notre commune), la croissance du nombre d’étudiants et de chercheurs.

En matière de mobilités, sujet aussi essentiel que complexe, je rappelle que 54% des investissements de Bordeaux-Métropole y sont consacrés. Notre réseau de transports (bus et tramway) a connu un accroissement annuel de +10% de voyageurs, cela pendant 3 ans consécutifs. La saturation est proche ! Et notre réseau de tramway comme de bus demande maintenant d’importants budgets de maintenance et de maintien en état opérationnel !

  • Et l’avenir ?

Je retiens de la mandature métropolitaine qui va s’achever un intense travail, de multiples décisions prises mais aussi divers projets ralentis et même arrêtés. Une situation paradoxale : une métropole qui croit à un rythme très soutenu et des difficultés à mener à terme, dans des délais raisonnables, les indispensables investissements d’accompagnement attendus par les populations.

En sera-t-il de même dans les années à venir ? Voila un vrai sujet de réflexion. Un vrai défi car le temps presse.

Même si parfois ils l’ignorent, le quotidien et l’avenir des Saint-Médardais se prépare et se décide grandement à la Métropole. Je ne doute pas que la future campagne pour les élections municipales prendra une forte connotation métropolitaine. Et je le souhaite…

Il faudra aborder la place de notre ville dans cette Métropole, les projets de développement, d’urbanisme, de mobilités et bien sûr environnementaux conduits ici avec la Métropole.

J’affirme ici mon attachement à la cogestion, au contrat de mandature. Ce mode de gouvernance initié par J. Chaban-Delmas et M. Sainte-Marie, repris par A. Juppé, A. Rousset, V. Feltesse et P. Bobet.

Cette cogestion à laquelle je pense, à mon niveau, avoir contribué (co-pilotage de la DSP Transports, présidence de la Commission « Développement économique », etc…)

J’entend certains envisager en la matière d’autres approches, bref l’abandon de la cogestion et des contrats de mandature.

Elu pendant 3 mandatures métropolitaines au sein du Groupe Socialiste et Apparentés, sous la même étiquette celui du centre-gauche républicain, laïc, humaniste, celui de Michel Crépeau, pionnier de l’écologie concrète, je tiens à dire que je ne serai jamais partisan de tels scenarios.