Récupération des livres de la mediathèque

Intervention de Guichoux Jacques lors du conseil municipal du 10-04-2019

Monsieur le maire, chers collègues, mesdames et messieurs,

Notre collègue adjointe, Vanessa Dumas, vient de nous présenter clairement les raisons et modalités de la nécessaire opération, dite de désherbage, que doivent régulièrement pratiquer toutes les médiathèques et donc, celles de notre ville.

Cette pratique est effectivement indispensable une gestion optimale (en termes d’attractivité, de pertinence) des fonds proposés.

Pour l’avoir pratiqué lorsque nous étions aux responsabilités, nous approuvons bien évidemment le dispositif de vente proposé et les montants de 1€ et 5€ envisagés, en espérant un franc succès au futur BiblipoSouk et en pensant à celles et ceux aux moyens financiers contraints qui pourront acquérir grâce à ces prix des livres, des bandes dessinées, des CD.

Cependant, votre solution relative à l’enlèvement des supports invendus nous surprend, nous stupéfie…

Madame Dumas, vous m’avez presque mis en colère !…

Pourquoi avez-vous fait appel à la SAS (Société par Actions Simplifiée) AMMAREAL, basée à Grigny dans l’Essonne et dont la base logistique est située à Trégueux dans les Côtes d’Armor ?

Je souhaiterai savoir comment un tel choix a pu être effectué ? Y a-t-il eu une forme de consultation de prestataires potentiels ? Y a-t-il eu un bilan comparatif des solutions possibles ?

Car, il y avait une autre solution qui me permet de rappeler la citation bien connue « Pourquoi aller chercher ailleurs ce que l’on a chez soi ».

Je veux citer Le Livre Vert, une E.I., entreprise d’insertion, basée dans notre Métropole, à Bordeaux-Bacalan, au pied du pont d’Aquitaine. C’est un acteur identifié et reconnu dans l’ESS (l’économie sociale et solidaire) et aussi dans l’économie circulaire. Le Livre Vert est une véritable structure d’insertion, reconnu par l’état via la DIRECT, embauchant des personnes en grande difficulté sociale, éloignées de l’emploi avec à la clé un vrai parcours professionnel comportant des objectifs, un accompagnement, de la formation et le retour à l’emploi.

Le Livre Vert est un acteur logistique développant à Bordeaux-Claveau sur près de 1 000 m2 une plateforme intégralement dédiée aux livres collectés sur la métropole et même au-delà. Il existe des points de dépôts dans plusieurs médiathèques de l’agglomération et même dans les déchetteries comme ici à Touban.

Le Livre Vert a été en 2016 lauréat du premier appel à projet en ESS de Bordeaux-Métropole obtenant ainsi une subvention annuelle de 3 000€ pendant 3 années et a bénéficié toujours de Bordeaux-Métropole, en 2018 d’une subvention d’investissement de 15 000€ pour aménager ses locaux.  Monsieur le maire et mes deux collègues élus métropolitains doivent s’en souvenir. Au total 24 000€ de la Métropole!

Des soutiens financiers du Département ont aussi été attribués à cet E.I. mise en valeur dans un récent article du journal du Conseil Départemental.

Cette entreprise en 2018, c’est 800 000 livres collectés, 240 tonnes recyclées, 15 emplois dont 8 en insertion, 100 000 revendus.

Quant à la SAS AMMAREAL, permettez-moi de le dire, il y a mieux comme modèle d’insertion sociale ! Les 5% reversés aux associations caritatives ne seraient-ils pas défiscalisés ? Notre ville a-t-elle vraiment besoin du reversement de 10% par article qui seraient vendus ?

Par ailleurs, l’impact sur l’environnement des transports de St Médard en Jalles vers les Côtes d’Armor (ou vers l’Essonne) doit être pris en considération. La solution envisagée n’est pas très vertueuse en ce domaine.

Sincèrement, je pense que vous n’avez pas choisi la meilleure solution. Cela dénote une méconnaissance très regrettable des potentialités de l’économie sociale et solidaire locale.

Je demande solennellement à Monsieur le maire de bien vouloir retirer cette délibération qui peut attendre notre prochaine réunion du conseil municipal afin que le dossier soit réétudié et qu’une comparaison approfondie soit faite entre les solutions d’enlèvement.

Dans le cas contraire, nous serions contraints de voter contre cette délibération, même si nous soutenons sans réserve la vente à 1€ et 5€ des documents retirés des catalogues.